Tout est parti en 1301 d’une confrérie soufie, la tariqa safaviyya, fondée vers 1301 par Safi al-Dîn Ardabilî, un maître respecté de la ville d’Ardabil, au nord-ouest de l’Iran. Les membres de cet ordre ésotérique, qui prône la pureté de l’ascèse, le culte des saints et la transmission initiatique, sont au départ surtout sunnites. Mais à partir du XVe siècle, les successeurs de Safi al-Dîn adoptent peu à peu une forme plus radicale du chiisme duodécimain et se présentent comme des figures quasi messianiques au discours millénariste, presque prophétique. « L’ordre attire des milliers de disciples, notamment des tribus turkmènes du Caucase, les Qizilbash, soit les “Têtes rouges”, en raison de leur coiffe symbolique écarlate, bientôt constitués en puissante force militaire », rappelle Yves Bomati. « L’ordre se militarise pour…
