«Je trouvai souverainement ridicules tous ceux qui ne possédaient pas, comme moi, un serre-papiers aussi notoirement égyptien; et la vraie occupation d’un homme sensé me paraissait d’avoir un pied de momie sur son bureau. » C’est ainsi, dans une nouvelle onirico fantastique, intitulée Le Pied de momie que Théophile Gautier mettait en scène sa fascination, partagée par nombre de ses contemporains, pour la civilisation pharaonique. Les cabinets de curiosités exhalent alors des parfums évocateurs des bords du Nil, et l’homme au gilet rouge s’éprend dans ses rêves de la princesse Hermonthis au pied si joli, bien que momifié. Comme quoi, quarante ans après que la Campagne d’Égypte du général Bonaparte s’est achevée, la fièvre des Pyramides continuait de consumer la France. Un échec militaire, certes, mais un succès scientifique dont l’onde…
