Commune dans les sociétés humaines au fil des millénaires et des traditions, l’humanisation de l’animal a eu aussi ses heures de gloire en Occident. En France, les archives documentent par exemple une soixantaine de procès médiévaux d’animaux, alors regardés comme responsables de leurs actes – un porc pouvait même être condamné pour meurtre ! Volontiers qualifiées d’anthropomorphiques (voir p. 70), de telles pratiques prêtent désormais à sourire, ce qui n’empêche nullement qu’on fasse d’un compagnon à poils un membre de la famille à part entière. Alors que la « question animale » est désormais au cœur d’un vaste débat de société, des études invitent à repenser les rapports de l’homme aux autres espèces, non plus en termes d’opposition, mais de continuités et d’émergences – celle des outils, du langage, des…