Janvier 1953, dans un champ bourguignon glacé, une pioche vient buter contre l’anse d’un vase en bronze – improbablement grand, magnifiquement ouvragé. « C’est arrondi, massif, et ça ressemble à un bât de mulet », rapporta Maurice Moisson, qui tenait l’outil, à René Joffroy, professeur de philosophie et responsable des fouilles dans le secteur. Moisson et lui travaillent ensemble, et ce n’est pas par hasard qu’ils ont tourné leur attention sur ce lopin de terre coincé dans un méandre de la Seine. Sur le mont Lassois tout proche, leur prédécesseur, Jean Lagorgette, avait mis au jour des kilos de tessons de céramiques et des vestiges d’habitations antiques. Il manquait des sépultures, et la présence de pierres qui n’avaient rien à faire dans ce champ pouvait signifier l’emplacement d’un tumulus disparu.…
