Depuis des mois, le peuple français gronde, manifeste une colère confuse et bruyante contre toutes les élites. Il veut être écouté et le fait violemment savoir, entraînant la nation dans un tumulte dont l’ampleur a surpris. Car le peuple est ainsi : imprévisible toujours, excessif parfois, cherchant sans cesse son équilibre entre raison et émotion. La grande histoire l’a trop souvent négligé, pour ne s’intéresser qu’aux nobles et aux rois, aux affaires de l’État. À tort, car il y a tant à apprendre des coups de sang qui le traversent. La cause en est le plus souvent une taxe, vécue comme injuste. Le ras-le-bol monte et la contestation s’étend bientôt à d’autres revendications. On remet en cause des privilèges indus. Ceux des nobles ou des clercs dispensés d’impôt. On se…