La notion d’hérésie est une particularité chrétienne. Pour les Grecs et les Romains, la religion traditionnelle consiste essentiellement à accomplir les bons gestes. Le christianisme, quant à lui, met l’accent sur le croire plutôt que sur le faire. Et c’est là que les problèmes commencent. Car les croyances sont diverses, multiples, contradictoires. Au cours des premiers siècles de notre ère, la créativité des différents mouvements chrétiens se révèle remarquable. Les uns veulent rester dans le judaïsme, les autres entendent s’en affranchir à tout prix. Certains pratiquent l’échangisme rituel quand d’autres associent à l’eucharistie un serpent sacré…
Cette multiplicité, l’Église ne la voit pas d’un bon œil. À partir de la fin du IIe siècle, elle se structure. Pour élaguer ce bourgeonnement de tendances, elle élabore peu à peu ce qu’elle…
