Grâce à son savoir-faire et ses experts, La Revue du Vin de France vous apporte une information riche pour connaître, choisir et déguster les bons vins, constituer votre cave et multiplier les plaisirs de la découverte.
Il se penche sur la terre de sa parcelle Chanteraine, à Avize, en Champagne, et entreprend de nommer par leur nom la dizaine de végétaux différents entremêlés sous un cep. Des lycophytes primitifs, des mousses si fragiles qu'on les remarque à peine. Ses mains robustes caressent la terre. Le voilà maintenant qui extirpe des micronodules de la taille d'une tête d'épingle. On découvre, fascinés, ces minuscules fragments métalliques naturels. La signature métamorphique du sol, la dimension cosmique du vin qui va naître ici. Quand on le voit à 69 ans, planté comme un arbre, on sait tout de suite. Le voilà, le grand vigneron. Cette présence, le ton, la clarté des idées, le choix des mots, ce sens du détail nourri par une vie d'observation et un solide engagement philosophique.…
Anselme, comment se présentait le domaine à votre arrivée, en 1974? Anselme Selosse. En 1974, je sors de mes études. Le 1er janvier, mes parents me donnent symboliquement les clés du domaine: « Maintenant, c'est toi, on se met en retrait. Tout ce qu'on te demande, c'est de continuer à travailler notre vin et d'aller jusqu'au dégorgement ». Il y avait 4,5 hectares de vignes cultivés, avec une production de 7000 bouteilles à l'année, soit deux marcs de 4000 kilos de raisins. Les vins se vendaient-ils bien? AS. Avec des représentants. Il y avait peu de réception de clientèle. Ça se passait dans la salle à manger, en famille, avec la toile cirée « parce que le champagne, ça peut tacher ». Mais, en général, c'était apprécié. Et vous, Guillaume,…
En direct Dans le vignoble Deux méga-rachats en un mois: d'abord, à la mi-février, la prise de contrôle du château Minuty, le plus beau domaine de la presqu'île de Saint-Tropez, 170 hectares, par le groupe LVMH qui exploite déjà la marque internationale Whispering Angel. Quinze jours plus tôt, l'homme d'affaires Stéphane Courbit, le couple Nicolas Sarkozy-Carla Bruni et la famille Prats s'offraient le château Beaulieu près d'Aix-en-Provence et le domaine de Canterelle dans le Var pour assurer le sourcing de leur nouvelle marque de vin rosé, Roseblood. Dans un mouvement sans précédent, de puissants investisseurs se disputent terres et raisins entre Aix-en-Provence et Saint-Tropez, nouvel eldorado du rosé. « Ce qui se passe ici autour du rosé est sans précédent dans le monde, sauf peut-être dans la région de Marlborough…
Pour être sacré Meilleur sommelier du monde, la connaissance aiguisée du vin et de son service n'est plus une compétence suffisante. Pascaline Lepeltier, la candidate française, le sait mieux que personne puisque c'est lors d'une épreuve portant sur la composition de cocktails qu'elle a perdu des points. Ayant mal compris une consigne au moment de réunir les ingrédients indispensables à deux cocktails, l'Aviation et le Sazerac, elle termine à la quatrième place, aux portes de la finale. « Ça s'est joué à très peu de points avec Reeze Choi, le candidat chinois qui finit troisième, assure Jérémy Cukierman, l'un de ceux qui ont entraîné Pascaline Lepeltier avant le concours. Elle a assuré dans tous les autres ateliers, notamment ceux liés aux plats vegan ou aux boissons sans alcool. » «…
Faire un tour de cave avec Damien Leclerc, directeur de La Chablisienne, a quelque chose de rassérénant. En saluant les équipes, on sent la fierté d'appartenir à une maison prospère qui compte en Bourgogne. Le centenaire s'annonce joyeux: grande fête le 13 mai à l'abbaye de Reigny, sortie d'un chablis premium “Cuvée 1923” habillé de l'étiquette historique et d'un livre illustré sur l'histoire de la maison. « Nous sommes une coopérative mais avant tout une belle maison de vin », explique le directeur, ex-officier des commandos marine passé par Sciences Po. Cap fixé: se tenir à l'écart de la course aux volumes et jouer le luxe accessible. « Avec des Grands crus à 60 €, des Premiers crus à 40, des villages à 20 et des petits chablis à 10,…
Des grenaches chaleureux, des syrahs plus alcoolisées, une baisse d'acidité et des rendements… Le dérèglement climatique bouscule les vignerons du Languedoc. Pour garder les mêmes profils de vins, beaucoup veulent planter plus au nord et demandent des extensions d'aire géographique de leur vignoble pour la récolte 2024. C'est le cas à Saint-Chinian, où 180 hectares situés hors de l'AOC ont été étudiés par une commission d'enquête de l'Inao en vue d'être intégrés. « La moitié de la révision d'aire de l'appellation concerne les versants nord, nord-ouest et les terroirs d'altitude ce qui va permettre aux vignerons de conserver, malgré la hausse des températures, les profils de vins caractéristiques de leurs cépages », avance Luc Simon, le président du syndicat. Ce scénario dit “nomade”, identifié dans le projet de recherche européen…