Grâce à son savoir-faire et ses experts, La Revue du Vin de France vous apporte une information riche pour connaître, choisir et déguster les bons vins, constituer votre cave et multiplier les plaisirs de la découverte.
On associe volontiers le vin à la tradition. Surtout en France. Et pourtant, tout évolue. Le boom de la dénomination Vin De France en témoigne. Voilà une famille qui n'existait pas il y a dix ans et qui a produit 341 millions de bouteilles l'an passé. Des vins de tous les jours et aussi, de plus en plus, des cuvées artisanales, audacieuses, de haut vol (lire p. 54). Oui, les VDF bousculent nos vénérables AOP et IGP, c'est incroyable et c'est intéressant. Autre exemple, les vins oranges d'Alsace. Ah, chère Alsace! Voilà un vignoble historique dont les fans vieillissent. Est-ce une raison pour se laisser aller? Non! De Steinklotz au fameux Rangen de Thann, de nombreux domaines allient créativité et naturel, mêlant macérations longues et travail sans soufre pour repousser…
Quelle est la particularité du pépiniériste Lilian Bérillon et de ses équipes? Nous proposons aux vignerons des plants produits différemment, avec des pratiques anciennes mais sans oublier la modernité. Nous arpentons le vieux vignoble, là où il fait chaud, là où l'environnement sanitaire n'est pas terrible avec des maladies, de la virose, de l'esca, etc. Nous repérons des pieds centenaires, certains sont magnifiques, nous les marquons un an, deux ans, trois ans afin d'être sûrs que sanitairement, ils sont sans maladie. Et ces pieds, parce qu'ils ont résisté dans cet environnement difficile, nous considérons que génétiquement ils ont quelque chose de plus que les autres. Alors nous les sauvegardons, nous en tirons des plants que nous greffons, puis que nous proposons aux vignerons. Nous employons 25 personnes sur 170 hectares.…
En direct Dans le vignoble Saint-Émilion, le 18 septembre dernier: ciel bleu, chaleur estivale, douceur girondine. C'est le ban des vendanges et il règne dans les douves du village comme un climat de pax romana. La publication dix jours plus tôt des résultats du classement des Grands crus de Saint-Émilion semble avoir apaisé les tensions. C'est comme si l'on avait oublié les dix années de procédures judiciaires contre le précédent classement, la condamnation d'Hubert de Boüard (Angélus) pour prise illégale d'intérêts et le refus des châteaux Ausone, Cheval Blanc, Angélus et La Gaffelière de participer au classement 2022. Autant de maux et querelles intestines qui gangrenaient jusque-là la vie du village. En tout cas, au vu des résultats, il semble que tout ait été entrepris pour éviter une lutte des classes…
La pression foncière était trop forte: située au cœur du village le plus célèbre de la Côte d'Azur depuis sa fondation en 1908, la cave coopérative de SaintTropez a fini par sortir hors les murs du petit port en 2019. La voilà installée sur la route qui file vers la mythique plage de Pampelonne. À toute chose malheur est bon: c'est l'occasion pour les vignerons de se refaire une image et de lancer une nouvelle marque, Torpez. Ne voyez pas là une faute de frappe: le nom est tiré de SanTorpé di Pisa, martyre de Pise, dont le corps décapité s'échoua, ily a 2 000 ans sur le rivage de la cité dans une barque accompagnée d'un chien et d'un coq. Un destin singulier qui a donné son nom au…
Il est parti en pleine vendange d'un millésime qui s'annonce exceptionnel en Bourgogne, laissant une maison qui signe son plus bel exercice depuis 200 ans. Quelle plus belle épitaphe? Sa famille, ses amis, ceux qui l'aimaient ont enterré Louis-Fabrice Latour ce 9 septembre à Beaune. Il avait 58 ans. Les murs de la basilique Notre-Dame étaient trop étroits, on se pressait sur le parvis. Louis-Fabrice Latour, quel parcours. Trente ans durant, il a exercé dix métiers à la fois, pas les plus faciles. Incarner la maison bicentenaire, fidéliser les hommes et les femmes dans l'entreprise. Bichonner les vignes, gérer les “appros” en raisins. Jauger les ventes aux États-Unis, affermir ses positions en France, tenir bon en Chine. Arbitrer entre qualité, volumes et prix. Anticiper le réchauffement, gérer les médias. Et…
Olivier Cadarbacasse, retenez ce nom. Propriétaire avec sa femme Véronique Bogenez du château Moulin de Beauséjour à Saint-Jean-de-Blaignac, au bord de la Dordogne, ce vigneron a une autre corde à son arc: il relance le vignoble de La Réunion, un de ces terroirs volcaniques très à la mode en ce moment. L'histoire démarre en 2015 quand la coopérative de Cilaos, établie sur 20 hectares, ferme ses portes suite à des difficultés financières. Amoureux de l'île, le couple de vignerons BogenezCadarbacasse, associé à l'investisseur Bruno Fontaine, relève le défi en 2019. Il transforme la coopérative désaffectée en vendangeoir privé et fédère une dizaine de vignerons locaux. Délestés du poids de l'intendance, les vignerons apportent le raisin et les Cadarbacasse orchestrent production et commercialisation du vin produit sous la bannière Vin de…