Grâce à son savoir-faire et ses experts, La Revue du Vin de France vous apporte une information riche pour connaître, choisir et déguster les bons vins, constituer votre cave et multiplier les plaisirs de la découverte.
Chacun cherche une part de rêve dans le vin. Goûter pour la première fois une étiquette mythique, retrouver le vin de son grand-père, remonter dans le temps, humer le parfum d'un domaine éteint, partager une bouteille particulière avec l'être aimé. Le vigneron rêve aussi. Sa quête à lui, c'est la restitution la plus fine possible de son terroir. Le bon vin est d'abord l'expression des schistes et des gneiss, des marnes et des argiles, des calcaires et des sables. Le sol d'une parcelle, d'un coteau. Le sol de son pays. Par la faute d'un insecte microscopique, cette relation intime est contrariée. Depuis un siècle et demi, le vignoble français est replanté sur des porte-greffes américains. Tout cela à cause d'un puceron, “daktulosphairavitifoliae”. La petite bête vit sur les racines de…
Vous cédez votre propriété, 27 hectares de bonnes vignes au milieu de 300 hectares de pinèdes près de Cassis. Pourquoi? Je règle une affaire familiale. Mes deux sœurs ont respectivement 20 % du domaine. Je n'ai pas les moyens de racheter leurs parts. Et je préfère les défrayer à hauteur d'un prix de vente plutôt qu'à hauteur d'autre chose qui serait forcément plus difficile à déterminer. On ne peut pas tout faire, conduire une exploitation et racheter 40 % de sa valeur, c'est compliqué. Et puis je n'ai pas de succession à proprement parler. Ma fille Anastasia aime le vin mais s'est engagée dans une autre voie. Qui rachète le château? Cédric et Violaine Menet, un couple lié à la famille Mulliez (propriétaire des marques Auchan, Leroy Merlin, Décathlon…, ndlr).…
En direct Dans le vignoble Les Dames de Cœur, les diVINes, les Fa'Bulleuses, les Intrépides… Tous ces clubs ont un point commun: ils fédèrent des vigneronnes dans un collectif. Il en existe dans toutes les grandes régions viticoles françaises. Françoise Ollier-Taillefer, la présidente de Vinifilles, qui réunit 21 vigneronnes d'Occitanie, se souvient: « En 2009, nous avons voulu créer un réseau d'entraide de vigneronnes qui se trouvaient un peu seules dans un milieu masculin, parfois machiste ». La création du premier collectif, les Aliénor du Vin de Bordeaux, en 1994, correspond il est vrai aux prémices de la féminisation du secteur. À partir des années 2000, les femmes sont plus nombreuses à prendre la tête d'exploitations viticoles, sans pour autant se sentir accompagnées et représentées par les organisations syndicales et interprofessions.…
Bientôt vingt ans qu'ils se sont fixés sur les pentes de Poujols, tout en haut du Languedoc. Julien Zernott avait assuré à Delphine Rousseau que pour faire du bon vin, il fallait de l'eau. Delphine travaillait alors pour Skalli, sur les quais de Sète. Elle croyait à la région, elle a trouvé les parcelles. Julien officiait à Menetou-Salon, chez Henry Pellé. Il est descendu voir. Et là, sous les calcaires blindés de soleil qui dévalent du Causse du Larzac, il a senti la vibration de l'eau souterraine. La vie. FOI ET AMOUR Il n'y avait pas grand-chose d'autre en vérité. Ils n'avaient pas un sou, ils ont foncé. Avec la foi et l'amour qui fait soulever les montagnes, ils ont réussi quelque chose de fort, plus fort encore que créer…
« Ce fut un cheminement. Il a fallu cinquante ans pour que tous les domaines des Baux-de-Provence soient en bio », reconnaît Caroline Missoffe, vigneronne au Mas de la Dame et présidente de l'AOP. Depuis les vendanges 2023, Les Baux est officiellement la première appellation 100 % bio de France. Enfin, devrait-on dire. Au domaine Les Terres Blanches, Noël Michelin fut le premier, dans les années 1970, à adopter le bio. Depuis, il a entraîné tous les autres vignerons. Enfin presque. Seul le Mas Sainte Berthe rechignait. Mais l'arrivée aux commandes d'une nouvelle génération vient de changer la donne (lire La RVF n° 655, novembre 2021). UN CLIMAT TRÈS FAVORABLE En Corse, Calvi y arrive aussi. « On s'est rendu compte que tout le monde travaillait en bio. Il fallait…
En Haute-Auvergne, le Cantal avait perdu ses vignes depuis un siècle. Mais tout change dans le vignoble. Le département compte aujourd'hui cinq vignerons et s'apprête à célébrer l'installation d'une Cantalienne pure souche, Chloé Chassang. Native de la Vallée de la Jordanne qui relie le puy Mary à Aurillac, fille de transporteur et d'agricultrice, la jeune femme aurait pu juste reprendre l'exploitation familiale. C'était compter sans sa passion pour la vigne. Elle s'est installée à Massiac, au nord-est d'Aurillac, en 2020. « En 2017, après mes études au Viti Agro Campus de Beaune, en Bourgogne, je suis venue me former chez Gilles Monier, au domaine Palhàs, l'un des pionniers qui ont réintroduit la vigne à la fin des années 1990. » RUDE ET SAUVAGE C'est sur ces palhàs, fameux murs en…