L'Officiel Hommes est un magazine sincèrement différent. Moderne, il traite de toutes les nouvelles tendances, tout en confirmant les essentiels et incontournables de la mode masculine par-delà les saisons. Elégant, sélectif, différent…
DENISE BONENTI Elle détestait les mathématiques et l’algèbre. Ainsi, au lieu d’étudier le design, sa première passion, elle opta pour la photographie à l’Istituto Europeo di Design de Milan, puis la littérature à l’université. Depuis vingt ans, elle écrit pour des magazines – en Italie ou ailleurs –, tels que Elle Decor, Living et L’Officiel Hommes. Ce mois-ci, elle nous fait découvrir l’univers de Casa Casati. Et quand elle n’est pas à Milan, elle file en Afrique du Sud, où elle se sent chez elle. OLGAç BOZALP Désormais installé à Londres, le photographe Olgaç Bozalp a commencé par étudier l’art dramatique à Chypre. Pendant toute son enfance et son adolescence, il a photographié sa famille et ses amis, aujourd’hui encore, il capte ses voyages et sa vie personnelle. Son travail…
Jeune prodige de la mode, enfant béni des ciseaux, Jonathan William Anderson, entre Loewe et sa propre marque – J.W. Anderson – n’a cessé d’étonner. Revisitant le manteau, il lui donne une envergure légèrement oversized, une capuche et des épaulettes d’imperméable. Sa texture, en toile de coton enduite, lui offre un supplément de densité. Cette pièce hybride signale avec tact la porosité des fonctionnalités des vêtements modernes. On connaît l’attrait de l’époque pour les slasheurs, ces créatifs compulsifs sautant d’une occupation à l’autre. Il n’était que justice que la mode en prenne acte et leur offre des tenues idoines, brouillant les imaginaires et les identités.…
Il y a les pavés disjoints à Venise et les sacs à dos Eastpak. Il suffit d’en croiser un dans la rue, et ressuscitent des agendas griffonnés, les cahiers à spirales couverts d’autocollants, le livre de mathématiques à la reliure témoignant que nous l’avons peu consulté. Parfois, nous le confions à un ami ou à une fiancée pour le customiser d’un blason, de quelques mots écrits au Typex, et cela le rendait encore plus précieux. Traité souvent injustement, jeté par-dessus une épaule désinvolte, balancé dans un coin, trop chargé, gonflé par les affaires de sport le mercredi, il ne protestait jamais en laissant céder sa fermeture éclair. Compagnon fidèle des longues marches ou des trajets métropolitains, l’Eastpak n’a rien perdu de son crédit. D’une génération à l’autre, il se transmet,…
Demande-t-on trop à un costume ? L’été, on le veut frais, léger, qu’il ne froisse pas et garde sa coupe. L’hiver, en revanche, qu’il nous tienne chaud et que sa structure soit irréprochable. Le vêtement, c’est parfois l’art de l’évidence, du geste juste, de l’économie. Comme l’interprète idéal joue juste la partition mais en révélant les profondeurs insoupçonnées, dégageant tel ou tel sens imprévu, un créateur de mode sait faire d’un basique un plaisir se dévoilant à la façon d’un mille-feuille. Le porter chaque jour, c’est s’en faire un confident. La maison Canali a bien saisi qu’un costume est un peu plus qu’un uniforme……
“De la tête aux pieds”, dit la formule. Les implications sont simples: s’assurer d’être bien coiffé, porter un beau chapeau ou un bonnet décent si le coeur nous en dit et prendre soin de ses pieds. Ce qui ne signifie pas de les emballer dans des chaussures orthopédiques sous prétexte d’aisance. Leur dignité réclame une part de fantasmes. Et peu de souliers en délivrent avec autant d’intensité dramatique que les boots en cuir: prononcer ces trois mots convoque un monde de guitares électriques et d’ambiances enfumées, le rock en somme. Avec elles, la foulée prend une assurance et s’ancre fermement au sol. Les “Chris Low” de Giuseppe Zanotti Design sont ainsi un cadeau bienveillant à l’égard de nos pérégrinations.…
Illusion d’être un trappeur ami de Jack London, vertige de la matière, intelligence de la coupe : l’épaisseur – au sens dramatique – d’une silhouette tient à la rencontre d’un imaginaire et d’une pièce bien concrète. Tommy Hilfiger, en lançant sa marque en 1985, avait saisi, en enfant du baby-boom, fan de rock et de pop art, l’importance décisive du fantasme en matière de mode. Sur un vêtement, il est loisible de projeter ce que nous voulons : un souvenir, une chanson, un livre, un personnage de cinéma… Se faire un film avant d’ouvrir son armoire est le premier pas vers une belle journée ; enfiler un blouson en cuir assure d’entrer parfaitement dans son rôle.…