La défaite française de 1940 est un traumatisme majeur à double titre. D’une part, du fait de l’effondrement militaire subit et total d’une armée réputée, sinon la meilleure, du moins parmi les plus solides du monde; d’autre part, parce que la défaite provoque la liquidation de la République et la mise en place d’un régime qui voulait rassembler mais qui divisera, qui plaçait l’honneur avant tout mais qui finira honni. Personne ne contestant qu’il n’y aurait pas eu Vichy sans Sedan, la question primordiale, celle qui hante les historiens militaires, est la raison de la débâcle. Un système militaire étant une construction complexe, sa faillite relève nécessairement de causes multiples et enchevêtrées. On a d’abord cherché, comme toujours, des causes simples et uniques. Pour la droite, c’était l’esprit de lucre…