Mélanger du bleu et du jaune pour obtenir du vert ? Impensable au Moyen Âge et à la renaissance ! Pour fabriquer leurs tons verts, la plupart des peintres recourent à des pigments minéraux (malachite, terres vertes…) et végétaux (jus d’iris ou de poireau, baies de nerprun…), quand bien même ces matériaux sont peu couvrants, ne tiennent pas, coûtent cher ou s’avèrent corrosifs. De même, les teinturiers, à de rares exceptions près, ne marient pas du bleu et du jaune pour faire du vert. C’est que fusionner deux matières pour en fabriquer une troisième, assure la Bible, qui imprègne l’univers mental de l’homme médiéval, perturbe l’ordre établi par Dieu. Outre ce tabou religieux, le classement des couleurs le plus en vogue au Moyen Âge, blanc, jaune, rouge, vert, bleu, violet,…