Que les grands musées occidentaux, dont ceux de Berlin, Vienne, Londres, Madrid, New York, le Louvre, Guimet ou le Quai-Branly n’hébergent pas que des pièces d’une provenance irréprochable n’est un secret pour personne. Nombre des joyaux (peintures, sculptures, éléments d’architecture, bijoux, poteries, outils, armes, masques, monnaies, insignes de pouvoir, instruments de musique, restes humains…) faisant la réputation de ces mastodontes sont le fruit de pillages, à tout le moins d’emprunts moralement condamnables ou d’achats à bas prix. Exemples paradigmatiques, outre les manuscrits de Dunhuang (voir p. 58) : les frises en marbre du Parthénon d’Athènes découpées vers 1800 par Lord Elgin et vendues au gouvernement anglais pour une somme dérisoire (35 000 livres sterling) et le buste de la reine Néfertiti découvert en 1912 à Tell el-Amarna par l’archéologue allemand…
