Autant, pour Héraclite, le monde n’est que changement, autant, pour son contemporain Parménide (v. 544-460), l’Être, c’est-à-dire l’étoffe du réel, la véritable texture de la nature, est unique, immobile, immuable. Le cosmos a beau donner l’impression de changer, les saisons de passer, les humains de naître et de disparaître, la genèse, le mouvement, le temps, la mort sont autant d’illusions qui nous font prendre l’apparence pour la réalité et n’ont donc pas de place au sein de l’Être, qui est la vérité éternelle. Ainsi, seul « l’Être est, le non-Être n’est pas ». Il est par ailleurs inengendré, puisque naître suppose, avant d’advenir, de ne pas être, et que l’Être ne peut pas ne pas être. Il est aussi immortel, indivisible (autrement, il cesserait d’être Un) et fini (l’infini étant…