L’apparence de l’enchanteur ne va pas de soi, puisque le personnage peut prendre différentes formes : jeune enfant, patriarche centenaire, cerf, paysan, moine… Elle s’est en fait forgée lentement. Au Moyen Âge, on a logiquement pris l’habitude de le représenter en vieillard dans les enluminures, car cette image renvoie à plusieurs de ses traits : son savoir extraordinaire, sa connaissance du passé, sa longévité. Au XIX e siècle, l’iconographie renforce encore cette représentation en s’en inspirant. Même si certains préraphaélites le peignent en jeune homme imberbe, des illustrations très largement diffusées figent l’image du vieillard chenu, notamment celles de Gustave Doré pour Idylls of the King, un recueil de poèmes de l’Anglais Alfred Tennyson, ainsi que celles du dessinateur et écrivain américain Howard Pyle. Plus près de nous, des…
