La vie de bibliothécaire est parfois riche d’imprévus. Jean-François Vincent, chef du service d’Histoire de la santé de la Bibliothèque interuniversitaire de Paris n’en revient toujours pas : parmi les kilomètres de documents que gère son service, dormaient, depuis plus de deux siècles, des planches anatomiques originales du viie siècle hollandais. Contemporains des tableaux de Rembrandt, qui peignait en 1656, à Amsterdam, sa deuxième leçon d’anatomie, ce sont des corps entiers, des bras, des jambes, méticuleusement écorchés dans un grand atlas en couleurs, qui reproduisent, avec une exactitude époustouflante, le moindre muscle, le plus fin des tendons, la précision d’une articulation. Quatre volumes, contenant 253 dessins, peints à Leyde, l’une des capitales mondiales de l’anatomie à cette époque. « C’est tout simplement incroyable », répète le conservateur, avec une évidente…