Né en 428 av. J.-C., alors qu’Athènes est en guerre contre Sparte depuis trois ans et ne va pas tarder à être défaite par sa grande rivale, et mort en 347, en un temps où l’Empire athénien jette ses derniers feux, Platon est issu de l’une des familles athéniennes les plus puissantes. Comme tous les penseurs politiques de son époque (Aristote, Xénophon…), cet aristocrate condamne la démocratie. À ses yeux, ce régime de la foule, par essence inconstante, repose sur un mensonge en prétendant que n’importe quel citoyen peut s’occuper des affaires publiques, et finit toujours par exposer la cité à la démagogie, l’impiété et la désunion. « Pour Platon, ce qui fait la noblesse, l’excellence d’un citoyen (ce que les Grecs appellent la “vertu”), donc son aptitude à gouverner,…