Sacrée vie que voilà ! Pour l’historien du front de l’Est, le texte apporte plusieurs confirmations. Tout d’abord, la faiblesse de la formation, y compris dans les chars. À cela, une raison principale : le taux de pertes énorme (96 000 chars détruits au total !), la rotation jamais assez rapide des équipages, le manque d’instructeurs expérimentés. Notre témoin réaffirme à quel point, sur le plan tactique, les Allemands sont meilleurs. Le jugement n’est pas faux, bien sûr, mais il révèle aussi le penchant du soldat soviétique pour l’autodénigrement et la survalorisation de l’ennemi. Étant dans une brigade indépendante attachée à l’infanterie, Yon Deguen n’a connu que le sale boulot des percées et jamais l’ivresse des chevauchées victorieuses de l’opération Bagration ou Vistule-Oder, qui voient les armées de chars avaler…