Hortus deliciarum, soit « Le Jardin des délices ». Derrière ce titre riche en promesses, se cache une encyclopédie latine du XIIe siècle, la première rédigée par une femme, Herrade de Landsberg, abbesse du couvent de Hohenbourg, en Alsace. Destiné à ses chanoinesses, l’ouvrage est composé d’extraits bibliques, historiques et, plus original, de traités savants se rapportant aux arts libéraux (grammaire, dialectique, rhétorique, arithmétique, musique, géométrie et astronomie). Outre-Rhin, une autre religieuse du XIIe siècle est passée à la postérité : Hildegarde de Bingen, auteure de chants, de textes mystiques et d’ouvrages de philosophie naturelle. « Mais en dehors de ces brillantes exceptions et de quelques autres, force est de constater que les femmes “savantes”, à la fois consommatrices et productrices d’écriture, sont rares au Moyen Âge », observe Laurence…