L’Antiquité ne cesse de soulever des hypothèses et des théories nouvelles alors même que le corpus documentaire n’a pas changé depuis presque 2000 ans. Suétone, Tite-Live, Tacite, Sénèque ont beau avoir été scrutés, étudiés, disséqués, ils offrent toujours des pistes de recherche originales. Sarah Rey, maître de conférences en histoire ancienne à l’université de Valenciennes, le montre dans ce livre, remarquablement écrit, dédié aux larmes dans la Rome antique. Pleurer, ou ne pas pleurer, chez ces Romains « sentimentaux qui s’en défendent », est un acte public, réservé aux puissants. Les occasions sont nombreuses: cérémonies funéraires, procès, annonces de victoires militaires ou de destructions de cités ennemies… On pleure de joie comme de tristesse, selon une codification sociale très ordonnée. Les pleurs, note Sarah Rey, sont « une façon d’agir…
