«Trésor des remèdes de l’âme»… D’après l’historien grec Diodore de Sicile (Ier s. av. J.-C.), ces mots ornaient la porte de la «bibliothèque sacrée» fondée à Thèbes au XIIIe siècle avant notre ère. Ils rappellent, si besoin est, que ces lieux furent de tout temps bien plus que de simples dépôts de livres. Accumuler des ouvrages, qu’ils soient en argile, en papyrus, en parchemin ou en papier, n’a jamais rien eu d’innocent. Les bibliothèques, privées, publiques, religieuses ou d’État, trahissent les prétentions intellectuelles, culturelles, voire politiques de leurs fondateurs. Lieux d’élaboration, de préservation et de transmission de la mémoire collective et du savoir, elles furent à travers les siècles autant des signes de prestige que des instruments de pouvoir. Et n’eurent, jusqu’à une date récente, ni forme propre ni indépendance…