Il y a des silhouettes dont nous sommes honorés d’avoir été le contemporain – même sans jamais les croiser, juste de les avoir frôlées. Presque centenaire, Jonas Mekas est à peine plus jeune que le cinéma, lui pour qui la caméra a toujours été une excroissance naturelle, captant, captivant, ses contemporains – Warhol, Ginsberg, Ono… et même Jackie Kennedy. Il serait au faîte d’un arbre généalogique dont les plus jeunes ramifications porteraient les œuvres de Jim Jarmusch, Harmony Korine (première époque) ou Nanni Moretti (celui du diptyque Journal intime / Aprile). Sa galeriste parisienne, agnès b., résumait joliment sa personnalité : “Un artiste, un scribe, un gardien de souvenirs.” Habillé de son bleu de travail, pragmatique et humble, Mekas, habité par le souci de ne rien laisser s’échapper du réel,…