Dans la moiteur quasi tropicale d’une fin d’été vénitien, une longue silhouette s’extrait d’un rutilant Riva et pose le pied sur le quai, avant de filer vers la place Saint-Marc toute proche. Photos, flash, sourire impénétrable : l’arrivée de Tilda Swinton au dîner traditionnellement donné par Chanel au Harry’s Bar, berceau du carpaccio et du Bellini, tient du moment suspendu. À Venise, il n’y a jamais eu que des Dogaresse, les épouses trop méconnues des Doges. Tilda pourrait en être sa première reine. Pourquoi ? À cause du décor peut-être, de l’ambiance, de la façade de l’église Santa Maria della Salute qui se détache dans la nuit tombante. Surtout, à cause de l’aura de l’actrice écossaise, venue défendre La Chambre d’à côté, le nouveau Pedro Almodóvar, dont elle partage l’affiche…