Dans les années 1980, Martin Parr a sillonné l’Angleterre thatchérienne et en a tiré un portrait acide, cruel, voire moqueur, entre fascination et répulsion. Une génération plus tard, Jamie Hawkesworth est parti pratiquement du même point: prendre le train au hasard à la gare d’Euston ou de King’s Cross à Londres et s’arrêter au petit bonheur, sans calcul, dans une ville inconnue, se laisser surprendre par des visages et des paysages. Mais le résultat est radicalement différent: ici, les portraits sont nuancés et empathiques, le regard digne, le cadrage et la lumière généreux. Pas d’atmosphères angoissantes, de rictus déformés. Toutes montrent une immense affection pour les sujets photographiés, écoliers, ouvriers, commerciaux, prêtres, captés treize ans durant, entre 2007 et 2020, au fil d’une chronique de la vie du Royaume-Uni qui…
