Voilà habituellement ce que l’on appelle « un monstre ». Un livre de presque 800 pages. Dont on nous dit qu’il faut, avant de s’y plonger, prendre son souffle : oui, il faut de l’élan, beaucoup, avant d’oser s’aventurer là. Accepter de ne pas tout saisir tout de suite, de laisser faire la parole, le style : le verbe coule, vous attrape, se saisit de votre main, vous tournez les pages, comme hypnotisé. Quarante pages et vous commencez à deviner des choses : il y a là un pays, l’Argentine, mais en pleine dictature, celle de la junte militaire emmenée par l’infâme Videla. Les meurtriers sont au pouvoir depuis 1976, et quand Notre part de nuit commence, nous sommes en janvier 1981. Il y a là un père qui est…
