Il hante les rubriques sentimentales des magazines spécialisés et s’est trouvé une place durable dans les dictionnaires anglais, mais le « ghosting » n’a jamais eu bonne presse. Technique consistant à disparaître brutalement de la vie d’un autre sans explication ni possibilité de recours, elle laisse sur le carreau un ami, un amour, un parent, avec des effets parfois dévastateurs. Un premier paradoxe du ghosting est son insaisissabilité : par définition, il ne se revendique pas. C’est celui qui en fait les frais qui l’identifie comme tel. C’est pourquoi il a pris essentiellement les formes d’une accusation dont les charges sont l’injustice, la frustration, la tristesse, l’incompréhension, la révolte... Nul doute que, dans de nombreux cas, le ghosting relève d’une forme de lâcheté, de trahison, d’indélicatesse ou, pire, de grave…
