« On me demandait pour quel homme je travaillais, comme si ce n’était pas possible que j’en sois arrivée là. »KATALIN KARIKÓ, À L’ORIGINE DU VACCIN PFIZER-BIONTECH. Elle parle vite, très vite, à en perdre le souffle. Une respiration et c’est reparti. De sa maison de Pennsylvanie, Katalin Karikó fait rouler le « r » du mot ARN, s’emporte, se disperse. Il faut rattraper le temps perdu – il y a tant à raconter. « Vous savez, pose-telle, toute ma vie, j’ai été repoussée et j’ai continué à avancer, à contre-courant. » Après avoir essuyé l’indifférence, l’incompréhension et le mépris de ses pairs biochimistes, Katalin Karikó, 66 ans, est devenue une héroïne moderne. Elle est derrière la technologie des premiers vaccins Pfizer-BioNTech: l’idée d’utiliser l’ARN messager, c’est elle. Bientôt quatre…