Pour certains, tout a commencé en 2008, avec un livre, alors marginal, clandestin, Testo Junkie (Grasset), où Beatriz Preciado écrivait le récit de sa transition vers un autre genre. Un•e philosophe des techniques du corps devenait son propre sujet de recherche. Le corps, l’écriture, tout est désormais imbriqué, intoxiqué. En 2019, Un appartement sur Uranus (Grasset), publié sous l’identité désormais officielle de Paul B. Preciado, compilait cinq années de chroniques parues dans Libération : un livre émouvant (Preciado est un très grand écrivain), journal des corps non binaires, apposés à des sociétés qui les regardent, les utilisent, les excluent. Preciado devient le philosophe d’une génération, chacune de ses apparitions publiques provoque une émeute. Certains parlent de gourou, de chaman ; lui apprend à se connaître, pense et écrit en trois…
