Un film étrange se joue au Cinéma des cinéastes, avenue de Clichy, à Paris, ce premier dimanche de juin. Les spectateurs patientent tristement, comme embarqués malgré eux devant le grand écran, lèvres serrées, regards inquiets face aux policiers armés qui surveillent l’entrée de la salle. Il y a du monde, des couples main dans la main, des femmes seules, des grappes d’adolescentes, voilées pour certaines de la tête aux pieds. Le film s’appelle Le ciel attendra, comme un hommage au long-métrage diabolique d’Ernst Lubitsch, Le ciel peut attendre, sorti en 1943. Dès les premières minutes s’installe un silence fébrile que rien ne perturbe, seulement quelques rires, des larmes et des bruits de mouchoirs. Le film déroule l’histoire folle de deux jeunes filles qui rêvent d’aller faire le djihad en Syrie.…