Sur la photo, ils évoquent un duo burlesque : elle, grande, élancée, élégante ; lui, massif, botoxé, ratatiné. Au printemps, quand Sylvester Stallone a remis le grand prix du festival de Cannes, deuxième dans l’ordre de succession à la palme, à la réalisatrice Mati Diop, on a oublié quelques secondes la toile de fond brûlante d’Atlantique, son premier long métrage, tant l’instant nous a paru ahurissant, drôle, embarrassant, diablement cannois. Mati Diop, elle, a oublié le poids de cette récompense précoce. « C’était tellement étonnant que je me suis presque sentie mieux. Comme si l’absurdité de l’instant avait dédramatisé la situation », confie la Franco-Sénégalaise de 37 ans quand on la retrouve dans l’est parisien au début de l’été. « J’avais l’impression d’être sous LSD. Le jour de la montée…