Réussi, c’est une merveille. D’abord, la fraîcheur de la gelée, parfumée aux herbes, aux épices, au madère ou autre vin liquoreux, fond en bouche. Arrive l’œuf, le blanc plus élastique qui cède sous la dent, le jaune aussi soyeux qu’onctueux auquel répond l’acidité des câpres ou le croquant inattendu d’un petit poids à peine blanchi. Un trésor, cet œuf en gelée, brillant comme une pierre précieuse, mais malmené par des décennies d’horreurs culinaires. Salades de viande en gelée, salmon tower, anneau translucide californien à la garniture jamais identifiée, charlotte au poisson et même aux spaghettis-Knacki firent la joie des ménagères américaines pendant une bonne partie du XXe siècle, accros à la poudre magique Jelly O figeant tout dans une gangue tremblotante en forme de truite, de kouglof ou de rien…
