Chère Tamara,
On peut se tutoyer ? D’après ce que je sais, ça ne devait pas trop t’offusquer, qu’on te tutoie. À vrai dire, ça devait même te plaire. Lorsque j’annonce que je viens de terminer un livre sur toi, une fois sur deux, on me dit : « Ah oui, Lempicka, le parfum ? » Tu aurais détesté, évidemment. Car il n’y a qu’une Lempicka. Une seule. Toi. Mais ceux qui connaissent ton travail ne t’ont pas oubliée. Cela te console, d’être inoubliable.
Pour écrire ce livre, j’ai parlé à ta petite-fille, Victoria, et à tes arrière-petites-filles, Marisa et Cristina Doporto. Elles prennent ta défense, lorsque j’évoque ton égocentrisme, ta vanité. Tu n’avais pas le choix, selon elles. Tu étais arrivée à Paris avec presque rien. Tu as tout…