Printemps. L'hiver a déroulé son plan. Il nous a offert une mue capitonnée: sous le bonnet, planqué, on a eu le temps de prendre un peu de recul. Le fracas est derrière. L'euphorie devant. Nous voilà las, mais bel et bien là, chair exposée, vulnérable. À vif, encore, de tout ce que l'on a affronté, traversé, alchimisé durant la saison froide, pas encore équipé pour retourner dans le monde bouillant. On tremble, c'est évident. Peur, froid, chaud. Perdu dans l'espace et le temps, il reste un dernier échelon à franchir; une ultime étape qui, bien qu'invisible, semble insurmontable: le Styx, l'Achéron et le Phlégéthon (haine,?lammes, chagrin), tout, enmême temps. Bon. Alors. Nu. Sans arme. Larmes au poignet, il va falloir avancer. Enlever la montre, débrancher. Relever la tête, poser un…