Sur l’île de Manhattan, territoire hypercirconscrit, la cote d’un quartier, l’excitation qu’il génère, les coteries branchées qu’il agrège se font et se défont par vagues. Par flux et reflux. Prenez Tribeca, ce TRIangle BElow CAnal Street – en fait de triangle, c’est un quadrilatère, voire un trapèze, mais au diable les géomètres sourcilleux – coincé entre Soho, le fleuve Hudson et le Financial District. Dans les années 80, c’était le fief du New York rock’ n’ roll, où vivaient les jeunes Laurie Anderson, Cyndi Lauper, Martin Scorsese, qui trouvaient Soho trop mainstream à leur goût. Puis comme partout, les superbes immeubles néoclassiques et Art déco, ici érigés par centaines, ont éveillé les appétits: ripolinages, rénovations, extensions et explosion subséquente des loyers. Le Tribeca des années 2000? Une grande bourgeoise assoupie…
