Dans un fauteuil de velours rouge, à l’ombre des tentures épaisses du bar de l’hôtel Regina, à Paris, Anton Corbijn s’installe en silence. Sur la table, un livre imposant : Corbijn, Anton, publié chez Hannibal. Il accompagne une grande exposition européenne, inaugurée à Vienne, bientôt attendue à Tallinn (Estonie), puis à Berlin. Pas en France. “Ici, on me connaît surtout comme photographe de rock”, glisse-t-il, presque fataliste.
Et pourtant, son œuvre déborde ce cadre. Cinquante ans de photographie, de musique et de cinéma défilent sur plus de cinq cents pages: portraits en noir et blanc, pochettes devenues cultes, autoportraits, paysages, extraits de films. Des musiciens, bien sûr – Depeche Mode, U2, Nick Cave, Bowie, Tom Waits – mais aussi des écrivains, plasticiens, acteurs. Et lui-même, sous diverses formes. Une autobiographie…
