27 SEPTEMBRE 1970. Jusquâau PĂšre-Lachaise, 15 000 personnes suivent le cortĂšge de Pierre Goldman, dâabord dans un lourd silence, avant que ne rĂ©sonnent quelques bongos tant aimĂ©s du dĂ©funt. Marchent des Ă©tudiants, des anciens rĂ©sistants, des Juifs, des Antillais, des artistes, des intellectuels, des journalistes, sans doute des voyous. Il nây a pas lâĂ©pouse de Goldman, Christiane, qui, la veille, a accouchĂ© de leur fils, Manuel. Lequel Ćuvre aujourdâhui comme rappeur⊠forcĂ©ment engagĂ©.
Trois jours avant quâil ne soit abattu de neuf balles, Goldman avait demandĂ© Ă un de ses amis de LibĂ©ration, oĂč il avait pigĂ© quelque temps, de lui prĂȘter un revolver. Il avait retirĂ© son nom de sa boĂźte aux lettres. Le soir mĂȘme, sa mort ouvre le JT: âLe racisme, le fascisme, le terrorisme qui rĂšgle sesâŠ
