« Avec le temps, je me suis attaché à cet ordinateur vieux de sept ans, acheté aux États-Unis, donc à clavier “qwerty”, sur lequel j’ai écrit une grande partie de mes livres. Sur lequel, du coup, j’ai beaucoup souffert, douté, hurlé, pleuré. De colère, je l’ai souvent refermé violemment. Comme je raconte des choses très intimes, parfois risquées, j’ai l’impression d’écrire avec mon sang, et d’ailleurs, la plus belle chose qu’on m’ait dite, un jour dans une librairie, c’est : “Il y en a qui donnent leur corps à la science, vous, c’est à la littérature.” Pour atteindre cette connexion charnelle avec le texte, il me faut de la rigueur, ne pas me laisser parasiter par l’ordinateur lui-même : il n’est que l’instrument de l’écriture, donc pas de fond d’écran…
