«CHAQUE ANNÉE, JE M’AMUSE D’AVOIR ÉTÉ SI JOLIMENT, mais implacablement, dupée par l’été. Sans que l’on s’en rende bien compte, occupé·es que l’on était à admirer les merveilles que le soleil estival nous apportait – l’or liquide de sa lumière, les fleurs, les fruits mûrs, nos peaux chaudes, la tiédeur des orages –, il se dérobait une, puis deux, puis trois, puis quatre minutes plus tôt chaque jour, depuis le 21 juin. Une fuite en goutte-à-goutte, une longue plongée programmée dans l’obscurité, qui se terminera, enfin, le jour du solstice d’hiver. La lente remontée lumineuse qui va s’ensuivre est inaugurée, floralement parlant, par une plante courage : l’hellébore noir, la seule fleur d’hiver que je cultive dans mon champ parisien. Elles ne sont pas légion, les plantes qui parviennent à…
