Elle a approché l’enfer. En avril dernier, après avoir payé un passeur, Yasmine, veuve de 27 ans, a pris place à bord d’un bateau avec ses quatre enfants. Direction la Malaisie. « Nous avons vécu agenouillés sur le ponton, tenus au silence, avec une bouteille d’eau de mer chlorée et une ration de riz par jour », raconte-t-elle, des semaines plus tard, encore éprouvée. En compagnie de centaines d’autres migrants, elle a dérivé pendant deux mois en mer d’Andaman. Un voyage sans issue, sans espoir, qui s’est terminé par un retour à la case départ. Aujourd’hui, la voilà de nouveau dans ce camp situé à l’extrême sud-ouest de la Birmanie, au milieu de ces centaines de réfugiés de la minorité musulmane rohingya, qui, comme elle, tentent désespérément d’échapper aux persécutions,…