La jeune fille n’est plus ce qu’elle était. C’est même à ça qu’on la reconnaît : être toujours en avance sur l’idée qu’on se fait d’elle, scandaliser, dérouter, échapper. Précieuse, fragile, éphémère, la société entière cherche à la contrôler. Mythe érotique entretenu depuis des siècles par la littérature et le cinéma, elle fait d’autant mieux fantasmer qu’on a du mal à la définir. Avant, elle est adolescente, avec ce que cela comporte d’acné, de prévisibilité et de gaucherie. Après, elle est jeune femme, elle a choisi son rôle. Dans l’entretemps, elle hésite, elle promet. Et jamais cette promesse n’a eu tant de visages. Une image éclatée entre mille écrans de mobiles, pages Facebook, selfies et blogs. « Moi, moi, moi », crient-elles.
Histoire d’un nom
Déjà, l’appellation donne du fil…