Dans son livre De l’être au vivre. Lexique euro-chinois de la pensée (Gallimard, 2015), François Jullien donne à voir un vaste travail d’élaboration de concepts euro-chinois exprimés dans la langue française: disponibilité, propension, potentiel de situation, fiabilité, ténacité, obliquité, biais, influence, cohérence, connivence, maturation, régulation, transformation silencieuse, évasif, allusif, ambigu, entre, essor, nonreport, ressource.
Parmi ces concepts, la « disponibilité » occupe une place majeure. Comment définir ce terme? Comment appréhender ce concept, resté sous-développé dans la pensée franco-européenne et, ce faisant, demeuré insaisissable? En tant que notion, la disponibilité n’est ni morale, ni psychologique, ni prescriptive, ni descriptive, elle n’est ni une vertu et ni une factualité. Elle reste hors champ des catégories européennes, au-delà des classifications et des dichotomies, tout en étant à la fois éthique et cognitive…
