L’aube s’acoquine d’une brume légère, de filets d’ouate épars. Les premiers rayons s’insinuent entre les sommets montagneux, embrasent, à feu doux, les ocre, carmin et or de la vallée de Millahue. Les vignes frissonnent dans la rosée blanche, dévalent les collines en une géométrie agricole que scindent les chemins d’accès au travail des ceps et de la terre. Un chien aboie. Un coq fait le malin, les poules rigolent, en catalan, en espagnol. Une colonne de fumée grimpe, toute droite, issue d’une cahute spartiate, vers les dernières étoiles lisibles des galaxies du Centaure et du Scorpion. Les premiers hommes, à pied, à bicyclette, se rendent au labeur du jour. Les oiseaux volent et se posent, en couple, en troupes, joyeux, matinaux, musicaux ou braillards. Les effluves marins titillent mon nez,…
