En 1934, Charles de Gaulle ouvre son opus de stratégie Vers l’armée de métier en évoquant la vulnérabilité territoriale de la France, notamment du côté du Nord-Est, où se trouve « une brèche terrible, joignant aux terres germaniques les bassins essentiels de la Seine et de la Loire ». Ce n’est pas la première fois qu’il déplore ce trou menaçant. En 1925, dans un article intitulé « Rôle historique des places françaises », il souligne à quel point, après le traité des Pyrénées (1659), « Philippeville, Marienbourg [Mariembourg], Rocroy [Rocroi], Mézières [aujourd’hui réunie à Charleville] maîtrisaient le défilé de la Meuse dans l’Ar denne, porte ouverte sur la Champagne ». Or, les deux premières ont été perdues en 1815, contribuant ainsi à une vulnérabilité irréversible de la frontière française et…