Paris, novembre 1967. On n’avait jamais vu une telle ferveur à l’Olympia. L’artiste, pour laquelle des milliers de fans se pressent, hystériques, n’est pas un yéyé, encore moins les Beatles ou les Rolling Stones. Non, c’est une femme mûre et forte qui vocalise, presque immobile, devant un orchestre symphonique. Quelques semaines plus tôt, Oum Kalthoum avait exigé du directeur de la salle un cachet bien supérieur à celui de toutes les pop stars. Et Bruno Coquatrix, qui connaissait à peine son nom, avait accepté. Puis il avait observé, inquiet, la jauge des réservations qui stagnait. Et brusquement, quelques heures avant le jour J, le bouche-à-oreille avait fonctionné, les places s’étaient arrachées, des demandes, des suppliques même, affluaient de toute l’Europe. Ceux qui ont eu la chance de s’asseoir sur les…
