Marseille, le 19 avril
“La dernière fois que j’ai vu mon grand frère, c’était vers 23 heures, le 28 décembre 2020”, commence Amine Kessaci, 19 ans, qui a toujours vécu dans les quartiers nord de Marseille. Brahim, 22 ans, c’était l’aîné, celui qui aurait dû montrer l’exemple, mais, dans cette fratrie de six enfants nés de parents d’origine algérienne sans histoire, c’est le seul à “faire des bêtises”. “Il n’en parlait évidemment pas, raconte Amine, il ne fumait même pas une cigarette devant nous. Mais on savait, depuis l’été précédant sa mort, qu’il trafiquait parce qu’il avait déjà reçu huit balles, aux côtés de l’un de ses amis, tué sous ses yeux. On l’avait soigné…” Contrairement aux idées reçues, Brahim vivote, travaille un peu en intérim. Il ne croule pas sous…