Dijon (Côte-d’Or), le 25 octobre
Joseph, 32 ans, a mis dix-huit ans à s’asseoir à une table pour accepter de se souvenir. Il a détaillé par écrit, à son avocate, les sévices physiques, sexuels et psychologiques dont il a été victime de la part de Joël Fert*, directeur de la communauté de Malrevers, mais aussi de la sœur et la mère de ce dernier. “Enfermé là-bas jusqu’à mes 13 ans, j’ai vécu la douleur, mais aussi la dépersonnalisation, l’interdit d’exister, de faire le moindre acte ou jeu qui ne soit par dévotion ou obéissance au « directeur », explique le jeune homme. Jusqu’à ma majorité, je vivais encore dans la crainte, puis dans l’obsession d’éviter le moindre temps mort, travaillant non-stop, me couchant exténué, tellement j’avais peur de laisser le…
