Un rival pour Alfred Deller? Si l'Anglais fit sa révolution en voix de fausset, et côté Purcell, Russel Oberlin, né ténor, n'eut rien à masquer. Voix naturellement longue et alerte (jusqu'au fa du soprano), absolument masculine, et d'une couleur éclatante, il étonnera Britten (non sans provoquer quelques interrogations) en s'emparant d'Oberon avec une autorité, une fantaisie, une projection que Deller n'y pouvait mettre mais qui enthousiasmèrent Georg Solti. L'égala-t-il en poésie? Pour le savoir, le mélomane d'aujourd'hui devra entendre son microsillon Purcell paru sous étiquette Counterpoint en 1955 (réédité par VAI), mais aussi, parmi ses Decca américains, regroupés dans cette belle petite boîte à l'iconographie abondante et révélatrice (Russel Oberlin ange polychromé ou Daniel aux cymbales, voilà qui rappelle son goût de la scène), un Music for a While qui…
